Télécharger le dossier de presse : Remise du grand prix du livre d’architecture
Grand Prix du livre d’architecture 2011
Ville de Briey
Membres du jury :
-Enrico LUNGHI, directeur du Musée d’Art Moderne Grand Duc Jean du Luxembourg
-Christian BAUER, président de la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie du Luxembourg
-Michel HUET, avocat au barreau de Paris, membre de l’Académie d’Architecture
-Martin CHENOT, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Etienne
Après délibération, sur la base de 86 ouvrages reçus par la ville de Briey, le jury désigne :
Grand Prix du Livre d’Architecture :
« Learning from vernacular » (« Pour une nouvelle architecture vernaculaire »),
de Pierre FREY
aux éditions Actes Sud
Mentionnés autour du même esprit :

« Architecture low cost, low tech – Inventions et stratégies »
de Alessandro ROCCA
aux éditions Actes Sud
« XS Vert, grandes idées, petites structures »
de Phyllis RICHARDSON
aux éditions Thames et Hudson
Les coups de cœur du jury :
sur le thème «Autres regards »
« Villes imaginaires et constructions fictives, quand l’art s’empare de l’architecture »,
sous la direction de Robert KLANTEN et Lukas FEIRESS
aux éditions Thames et Hudson
sur le thème « Travail d’éditeur »
Les éditions Fourre-Tout, dirigées par Pierre HEBBELINCK pour l’ensemble des ouvrages présentés.
sur le thème « Travail d’auteur »
«Auguste Perret »
de Joseph ABRAM
aux éditions du Patrimoine / In Folio éditions
Le Grand Prix a été attribué à une œuvre qui résume nos attentes.
D’abord il symbolise le changement de paradigme qui est en train de se faire dans nos valeurs de société,
Le livre s’intéresse à ceux qui en général ne sont pas la cible de la production architecturales, c’est-à-dire le tiers monde, les exclus.
Ce livre véhicule de nouvelles valeurs sociétales.
Le Grand Prix du Livre d’Architecture est décerné à Learning from vernacular
Pour une nouvelle architecture vernaculaire de Pierre FREY (préface de Patrick BOUCHAIN) – Editions ACTES SUD.
extrait du communiqué de presse
« Cet ouvrage part d’une critique radicale de l’architecture ordinaire et extraordinaire produite par l’industrie globale de la construction et se propose d’examiner les circonstances dans lesquelles, un peu partout dans le monde, « émerge une alternative qu’il voit comme une « nouvelle architecture vernaculaire ». Par son titre, il évoque un précédent parmi les manifestes d’architecture : celui qui, en 1977, avait marqué la montée du mouvement postmoderne, learning from Las Vegas. Il se propose de chercher des réponses aux défis que constituent les inégalités et la crise dramatique du logement qui affectent un tiers de l’humanité. L’examen attentif de nombreux exemples d’architectures traditionnelles permet de vérifier l’idée selon laquelle l’art de bâtir, en particulier des logements, ne saurait être la prérogative d’une caste de spécialistes, encore moins celle d’une industrie dont l’objectif principal est la maximisation du profit ».
(…)
En se référant à des figures emblématiques – Otto WAGNER et Adolf LOOS, mais aussi à Yvan ILLICH, Paul VALERY, Martin HEDEYGER ou Peter SLOTENDIJK – et en s’appuyant sur des réalisations concrètes, l’auteur nous invite à redécouvrir des savoirs pour augmenter notre compréhension du monde que nous bâtissons.
Pierre FREY (1949) a fait ses études d’histoire de l’art, de géographie et de germanistique aux universités de Genève et de Lausanne. Il est docteur en sciences techniques de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne où il est professeur à la faculté de l’environnement naturel, architectural et construit.
Le présent ouvrage a été publié à la suite d’une exposition éponyme organisée en collaboration avec le Vitra Design Museum.
Et puis à la fin : le livre physique a toutes les qualités qui sont en accord avec son contenu pour le papier (recyclé), un graphisme agréable, la mise en page aérée, des photos parlantes.
Les prix « coup de cœur » attribués à :
Le premier concerne un «autre regard sur l’architecture ».
Il est décerné à l’ouvrage «Villes imaginaires et constructions fictives, quand l’art s’empare de l’architecture »
sous la direction de Robert KLANTEN et Lukas FEIRESS
aux éditions Thames et Hudson
Ce beau livre richement illustré est au premier abord un contre-manuel d’architecture. Les artistes utilisent en effet l’architecture pour la déconstruire ou la détourner, pour imaginer des constructions irréalistes et poétiques, pour projeter des visions utopistes qui – heureusement ! Est-on tenté de dire parfois – n’ont aucune chance d’aboutir.
Mais c’est justement dans cette fantaisie débridée et cette dimension fictionnelle que nombre d’architectes – mais aussi citoyens et politiques – pourraient puiser pour élargir leur imaginaire et réinventer leur quotidien.
Ce livre montre comment les artistes utilisent l’architecture comme un matériau, comme un sujet, comme un thème et en cela détourne l’architecture, nous offrant un regard distancié, drôle et finalement interrogateur. En feuilletant cet ouvrage, chacun y trouvera une part de ses questions sur l’architecture. Les architectes y verront un reflet de leurs doutes et un miroir déformant, preuve qu’un lien indéniable et fertile existe entre Art et architecture. Mais plus que cela, cet ouvrage montre à quel point l’architecture appartient à notre imaginaire collectif.
Le second coup de cœur concerne un travail d’auteur.
Il est décerné à Joseph ABRAM pour l’ouvrage «Auguste Perret »
aux éditions du Patrimoine / In Folio éditions, collection « carnets d’architectes »
Architecte et historien, enseignant et chercheur à l’école nationale supérieure d’architecture de Nancy, Joseph Abram présente dans cet ouvrage une figure emblématique de l’architecture française. Auguste Perret – intellectuel constructeur – a joué un rôle de premier plan dans la définition d’une esthétique et de techniques spécifiques au béton armé.
Ce livre, largement illustré, présente dans leur contexte les principaux édifices de l’architecte et entrepreneur. Il permet de se repérer dans cette œuvre majeure, proposant notamment un répertoire complet, des croquis et des photos de chantier.
Comme souvent la collection « carnets d’architectes », ce livre constitue déjà une référence bibliographique, à la fois instruite et accessible, un livre à offrir et à garder.
Le dernier concerne un « travail d’éditeur ».
Il est décerné aux éditions Fourre-Tout dirigées par Pierre Hebbelinck.
Le jury a très rapidement remarqué et de façon unanime l’inventivité et la richesse du travail d’édition réalisé par les éditions Fourre-Tout, éditeur lié à l’agence d’architecture de Pierre Hebbelinck et de Pierre de Witt installée à Liège en Belgique.
Ce travail témoigne :
d’une extension des espaces d’intervention de l’architecte dont l’activité ne se résume pas à l’art de construire mais s’étend à l’ensemble du champ culturel
d’une pratique d’agence en ce sens très singulière qui allie pratique architecturale, recherche, écriture et édition, créant des passerelles disciplinaires mêlant art, littérature et architecture d’une analogie possible et forte entre le travail d’architecte et celui d’éditeur, où le livre se conçoit et se découvre – comme un projet d’architecture.



